Quarante jours à travers la Chine

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De Hong Kong à Beijing nous avons traversé des milliers de kilomètres et découvert une multitude de paysages. Voici un petit aperçu de ce pays si vaste...
Du 18 juillet au 22 août 2017
36 jours
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Mardi 18 juillet nous atterrissons à Hong Kong après 5h de vol depuis Tokyo, il est encore tôt ici. Nous avançons nos montres d’une heure et prenons les transports très modernes pour nous rendre dans le quartier de Tsim Sha Tsui. Nous avons prévu de rester 10 jours sur place, le temps de faire nos visas pour la Chine (qui apparement sont assez pénibles à préparer).

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Tsim Sha Tsui


Budget oblige, nous prenons les chambres d’hôtel les moins chères qui se trouvent dans les “mansions” au cœur du quartier. En résumé ce sont des immeubles où les communautés immigrées (principalement des Indiens et des Pakistanais) tiennent de nombreuses guesthouses dans les étages et des commerces en rez-de-chaussée. Donc dès qu’on entre dans l’immeuble on dirait qu’on change de pays c’est très particulier. Les rez-de-chaussées nous font penser à des souks. Ensuite il faut trouver le bon ascenseur car les immeubles sont divisés en “blocks” et une fois arrivés on se retrouve dans des véritables cages à poules. On en a essayé plusieurs et à chaque fois c’était le même principe : une chambre dont les dimensions sont définies par la taille du lit. Heureusement c’est temporaire, l’important c’est qu’on puisse repartir avec nos visas. (La petite photo c’est la vue sur la courette de l’immeuble, sympa non ?)

Le quartier de Tsim Sha Tsui est un mélange de beaucoup de choses, il y a un nombre pas possible d’immeubles de centres commerciaux, c’est très dense et un peu chaotique. Vous l’aurez compris ce n’est pas le gros coup de cœur pour ce quartier!

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The Garden Of Stars


Un après midi nous sortons nous aérer un peu l’esprit en allant voir le Garden of Stars. Sous un beau soleil nous découvrons les statues de célebres stars du cinéma asiatique, la plus connue étant celle de Bruce Lee. Si j’ai bien compris certaines de ces statues se trouvent normalement sur l’avenue des stars, une promenade qui longe le Victoria Harbour, mais en ce moment elle est en travaux donc ils les ont déplacées temporairement ici.

Nous continuons notre promenade en passant par la jetée de Kowloon avant de revenir vers le centre. D’ici nous avons une vue parfaite sur l’autre rive où s’élèvent les nombreuses tours du quartier d’affaires. À Hong Kong ce ne sont pas les tours qui manquent, il y en a partout et ça ne s’arrête pas de construire.

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Victoria’s Peak


Nous profitons d’une nouvelle journée ensoleillée pour sortir de nos nano-chambres. Ayant eu plusieurs jours de pluie ça fait du bien de pouvoir sortir un peu. Une fois passés sur l’autre rive en métro, nous prenons un bus qui nous amène tout en haut du Victoria’s Peak, point culminant de l’île de Hong Kong. D’un coté on voit la densité de la ville et de ses tours, de l’autre on voit les petites îles qui ponctuent la mer de Chine, quel contraste! En tout cas le panorama est sympa.

Après avoir mangé un bout nous redescendons à pieds. Nous passons d’abord par des jolis chemins qui serpentent dans une végétation luxuriante. Ensuite nous arrivons aux pieds des tours du quartier d’affaires, on se sent de nouveau tout petits.

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Le jeudi 27 juillet, visas en main nous prenons le métro jusqu’à la frontière, à Shenzhen. Une fois la douane passée nous prenons deux trains jusqu’à la ville de Guilin.

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Nous arrivons en fin d’après midi à Guilin, au sud du pays dans la région de Guangxi. À peine installés nous avons droit à un magnifique coucher de soleil depuis la terrasse de l’auberge de jeunesse. Le soir on se rend compte que la barrière de la langue complique pas mal de choses, rien que pour commander à manger c’est un peu la loterie!

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Journée logistique


Le lendemain on s’aperçoit que les trains à travers le pays se remplissent très rapidement et beaucoup sont déjà complets. Ce que nous n’avions pas prévu c’est que le mois d’août est un mois de vacances en Chine et que du coup le tourisme bat son plein. Jusque là nous avons toujours organisé nos déplacements au jour le jour mais là on n’a pas trop le choix, il faut anticiper. Du coup nous passons la journée à organiser notre itinéraire précis à travers le pays pour pouvoir réserver tout les trains dès maintenant avant qu’il n’y ait plus de places.

Le soir nous allons visiter un peu le quartier. Nous marchons près des trois petits lacs Guihu, Ronghu et Shanhu au bord desquels plusieurs groupes de musique mettent l’ambiance. Notre ballade nous fait passer par plusieurs petits ponts et nous permet de découvrir la pagode d’or et la pagode d’argent joliment éclairées.

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Les joies du tourisme de masse à Yangshuo


Le lendemain nous décidons de partir pour deux jours à Yangshuo, à 2h de bus plus au sud. Apparement il y a de jolis tours à faire. Une fois sur place nous réservons un tour en bamboo-boat sur la rivière Lijiang pour le matin suivant. Vu la chaleur qu’il fait on se dit qu’il vaut mieux profiter des heures le plus fraîches. Le tour dure 3h, on s’imagine une jolie ballade sur un genre de radeau en bambou, mais la réalité va être tout autre...

Nous prenons d’abord un bus qui nous emmène à Xingping, un petit village un peu plus au nord où les paysages sont plus jolis apparement. Ensuite nous sommes associés en groupes de 4 dans des navettes qui nous déposent à l’embarcadère pour prendre le bateau ensemble. Bon déjà pour la ballade en amoureux c’est raté...Une fois à l’embarcadère on se retrouve dans une immense file d’attente sous le soleil déjà brûlant. On prend notre mal en patience et au bout d’une heure on finit par monter sur un petit bateau, qui contrairement à ce qu’on pensait est à moteur (donc très bruyant). Et là c’est le début de la course. Plusieurs bateaux partent chaque minute dans un boucan pas possible et on se retrouve à la file indienne sur l’eau. Le clou de l’histoire c’est que le tour sur l’eau ne dure en fait que 20 minutes. Pour repartir il faut refaire une heure de queue pour reprendre une navette jusqu’au bus du retour. Nous finissons par comprendre qu’en fait les 3 heures annoncées comprennent les heures de file d’attente...Pour le coup on s’est vraiment fait avoir comme des débutants! Mais bon le voyage c’est aussi des échecs parfois.

Le jour suivant nous n’avons pas le courage de nous relancer dans un tour de visite et avec la chaleur accablante nous passons la journée à l’hôtel. Le soir nous suivons les conseils du gérant pour aller voir le coucher de soleil sur un des nombreux pics karstiques caractéristiques de la région. Après une petite marche nous commençons notre ascension qui durera un peu moins d’une heure pour arriver tout en haut. Malheureusement des travaux sont en cours au sommet, décidément on enchaîne les ratés! On arrive quand même à se faufiler dans un coin qui nous permet d’avoir une jolie vue sur la ville et le paysage des montagnes en “pains de sucre”.

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Le Seven Star Park


Retour Guilin, où il fait toujours une chaleur pas possible. On s’installe dans un quartier un peu plus à l’est de la ville. Nous profitons de notre dernière journée sur place pour aller visiter un grand parc à deux pas de l’hôtel. Même à l’ombre des arbres on sue à grosses gouttes! Dans le parc il y a plusieurs petits temples et pavillons. Il y a aussi quelques grottes payantes. Sur les chemins on croise plusieurs singes qui ont l’air d’avoir aussi chaud que nous. On termine la promenade en passant près du joli Flower Bridge.

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Notre prochaine étape c’est la ville de Zhangjiajie pour accéder au parc de Wulingyuan. En terme de transports nous devons passer par la ville de Changsha à 500 kilomètres d’ici, pour ensuite prendre un autre train vers Zhangjiajie à 340 kilomètres vers l’ouest. Comme les trajets sont longs nous décidons de décomposer l’itinéraire en passant une nuit à Changsha, même si la ville ne présente pas un grand intérêt. Nous partons donc le matin à la gare de Guilin pour nous rendre compte une fois sur place que ce n’est pas la bonne gare de départ. En fait dans la plupart des villes chinoises il y a plusieurs gares de train (gare, gare nord, garde sud etc) et du coup on ne repart pas forcément par là où on est arrivé. C’est un coup à prendre, heureusement on avait de l’avance et on a pu rejoindre la bonne gare in extremis pour attraper notre train. La prochaine fois on fera bien attention! Mais c’est vrai que ce n’est pas forcément évident quand tout est écrit en chinois et que personne ne parle anglais.

Après la nuit passée à Changsha nous partons donc vers Zhangjiajie, dans la province de Hunan.

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Nous arrivons à Zhangjiajie dans l’après midi, depuis la gare nous prenons une navette qui nous amène dans la petite ville de Wulingyuan à 35 kilomètres. Nous avons réservé un hôtel là pour être le plus près possible de la Nantian Gate, une des entrées du parc. On y trouve principalement des hôtels et des restaurants, on sent que la ville s’est développée uniquement pour le tourisme.

Le parc de Wulingyuan se compose du parc national forestier de Zhangjiajie, de la réserve naturelle Suoxiyu et de la réserve naturelle Tianzishan. Il s’étend sur 26 000 hectares. Il a été classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1992. Les paysages de Wulingyuan auraient inspirés l’univers du film Avatar.

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Visite du parc - premier jour


Le lendemain matin nous allons acheter nos entrées pour le parc, valables quatre jours. Bien qu’on soit en début de matinée, il y a déjà foule près des guichets. On commence à comprendre que ce sera comme ça un peu partout sur les sites touristiques à cette période de l’année. Il y a plusieurs itinéraires possibles qui permettent de visiter le parc, un réseau de bus interne couvre la quasi-totalité du site.

On se régale à voir les gens courir pour pouvoir monter dans les bus alors qu’il y a largement la place pour tout le monde. Après une dizaine de minutes de route, nous descendons à l’arrêt de la réserve naturelle de Suoxiyu. Il y a déjà pas mal de monde sur place alors on accélère le mouvement pour essayer de dépasser la foule. On finit par nous retrouver presque seuls sur le chemin qui borde la rivière Jinbian Brook, contents de pouvoir marcher au calme. Le site est impressionnant avec ces falaises qui s’élèvent de part et d’autre des sentiers. On arrive à une intersection où on doit emprunter des nombreuses marches pour arriver sur la zone de Yuangjiajie. Il fait très chaud mais heureusement on est à l’ombre des arbres.

Une fois sur la partie haute du site on accède à l’Enchanting Terrace. Cet ensemble de plateformes offre une succession de points de vue sur les impressionnants pics rocheux du parc. Ces pointes de quartz qui mesurent en moyenne 200 mètres ont l’air si fragiles et si solides à la fois. C’est vraiment incroyable comme paysage, on en prend plein la vue.

Nous continuons sur les chemins au bord du vide. La prochaine étape de la ballade c’est le Natural Bridge, un des plus hauts ponts naturels au monde. Seulement en nous approchant du site on se retrouve pris dans une masse de gens, serrés comme des sardines, dans un boucan pas possible. C’est tellement oppressant qu’on décide de laisser tomber l’idée d’aller sur le pont. Une fois sortis de cette zone fortement propice à l’agoraphobie, nous prenons un autre bus pour aller un peu plus loin dans le parc.

Nous passons par le petit Wulong Village et marchons jusqu’à la Tianbo Mansion, un petit pavillon perché en hauteur qui offre une vue magnifique. On pourrait rester des heures à admirer le panorama mais il y a un peu de monde qui arrive donc on file avant de nous retrouver coincés sur cette petite pointe rocheuse.


Comme les portes du parc ferment à 17h30 on commence à redescendre pour reprendre le bus là où nous sommes arrivés ce matin. Nous repassons le long de la rivière où la lumière de fin de journée embellit encore plus le site. On retourne à l’hôtel ravis de cette première journée, demain on remet ça!

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Visite du parc - deuxième jour


Le jour suivant, même principe. Après avoir pris un petit déjeuner qui nous fera tenir jusqu’à ce soir, direction l’entrée pour prendre un bus vers une nouvelle zone du parc. Nous descendons à la petite gare de départ du Sightseeing Mini-Train. Nous longeons les rails jusqu’à une bifurcation où nous empruntons le chemin vers les Three Sisters Peaks. C’est parti pour 3h d’ascension. Il fait déjà très chaud mais les paysages valent vraiment le détour. Nous montons des centaines de marches, doucement mais sûrement. Il n’y a pas grand monde qui suit cet itinéraire parce que des bus permettent d’arriver directement sur les points hauts. Nous on préfère marcher pour profiter des jolis points de vue.

Après avoir vu les Three Sisters Peak nous continuons de grimper ces innombrables marches. Nous arrivons sur la Heavenly Platform avec là encore une vue incroyable. Au bout des trois heures de montée nous arrivons sur la partie haute de la Tianzi Mountain. Quoi de plus naturel après avoir croisé tout ces beaux paysages préservés que de trouver un McDo dans une réserve naturelle...Bon on ne fera pas de commentaires là dessus, on préfère se concentrer sur les belles images du parc. Cette zone aménagée est desservie par plusieurs bus et téléphériques. Du coup il y a beaucoup plus de monde. On se retrouve à faire la queue pendant un bon moment pour pouvoir prendre une navette. Nous descendons à une intersection pour marcher jusqu'à un endroit appelé Fields in the Sky. Mais au bout de quelques minutes de marche la pluie commence à tomber, tant pis pour cette partie du parc. On reprend la navette dans l’autre sens et on attend un peu que la pluie ne cesse.

Nous entamons la longue descente vers la partie basse du site en passant pas un chemin différent qu’à la montée. Nous sommes à nouveau pratiquement seuls à dévaler les nombreuses marches de pierres, dans la forêt encore humide. Nous passons sous la Southern Heavenly Gate, un grand portail rocheux. Retour en bus jusqu’à l'entrée du parc.

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Après ces deux jours à sillonner ce magnifique parc, nous retournons en bus à Zhangjiajie pour continuer notre périple. Une fois à la gare, nous montons dans le train à destination de Huaihua.

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La ville de Huaihua ne nous intéresse pas particulièrement, si nous venons ici c’est pour une question pratique par rapport à la suite du voyage. Notre objectif est d’aller visiter la petite ville de Fenghuang à quelques kilomètres d’ici. Apparement on peut faire l’aller-retour dans la journée en prenant le bus. Après avoir passé la nuit à Huaihua, qui le soir prend des airs de Las Vegas, nous prenons le bus en direction de Fenghuang à 1h30 de route.

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Ballade dans la vieille ville


Nous arrivons en fin de matinée dans cette ville divisée en deux, la partie ancienne (XVIIème siècle) classée au patrimoine mondial de l’UNESCO étant la plus intéressante. Après une courte marche on se retrouve au bord du joli fleuve Tuo autour duquel s’est construit la ville. On voit des enfants s’y baigner, des gens se laver et y faire leur lessive. On se trouve un petit restaurant qui donne sur le fleuve pour déjeuner. Après avoir une fois de plus commandé à l’aveugle (cette fois on ne s’en est pas trop mal sorti) nous continuons notre ballade dans les ruelles de la vieille ville.

Fenghuang dégage vraiment un charme particulier avec ses rues pavées, ses maisons en bois sur pilotis au bord de l’eau, sa succession de ponts. Rien à voir avec les villes que nous avons vu jusque là. C’est la première fois qu’on a l’impression de pouvoir parler de patrimoine.

On voit quand même que le tourisme à bien transformé la ville, la plupart des bâtiments sur le fleuve sont devenus des guesthouses, dans les rues on trouve beaucoup de magasins qui n’ont rien à voir avec le contexte. Malgré ça, c’est super agréable de flâner dans les ruelles. Après plusieurs heures sur place nous retournons prendre le bus pour rentrer à Huaihua.

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Le lendemain nous passons la journée à attendre dans le hall de l’hôtel car pour la prochaine destination nous devons prendre un train de nuit. Sur les coups de 22h nous montons finalement dans notre train-couchette. Direction Chengdu, dans la région de Sichuan, à près de 1000 kilomètres d’ici. C’est parti pour 13h de trajet!

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Il est 6 heures du matin quand nous arrivons à la gare. Nous venons à Chengdu non pas pour visiter la ville mais parce que c’est par là qu’il faut passer pour se rendre dans la réserve naturelle de la Vallée de Jiuzhaigou. Il parait qu’on y trouve les plus jolis paysages de Chine. Pour y aller ce sont 10 heures de bus car le parc se situe dans la région reculée du plateau tibétain, à 400 kilomètres au nord. L’idée c’est de faire un aller retour pour 4 jours et ensuite repartir de Chengdu vers la prochaine destination, le train étant déjà réservé. Seulement en arrivant à l’hôtel on nous informe que pendant que nous étions dans le train, un tremblement de terre a frappé la Vallée de Jiuzhaigou faisant plusieurs morts et blessés. Terrible nouvelle, surtout quand on se dit qu’à un jour près on aurait pu y être...Décidément, notre bonne étoile est avec nous. Nous passons donc les jours suivants sur place, un peu étourdis par la situation. La ville ne présente pas un grand intérêt à nos yeux, nous en profitons pour travailler sur le blog.

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Le mardi 15 août nous prenons enfin notre train pour la suite du voyage. En route 700 kilomètres vers la ville de Xi’an, dans la province de Shaanxi.

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Nous arrivons en ville le lendemain matin et rejoignons le centre en métro pour poser nos sacs à l’hôtel. Nous avons prévu de ne rester qu’une nuit sur place.

La cité impériale de Xi’an est considérée comme l’un des berceaux de la civilisation chinoise avec son histoire de plus de 3000 ans. Anciennement appelée Chang’an, la ville éternelle, elle est le terminal de la route de la soie. Elle a été la capitale de 13 dynasties.

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Le mausolée de Qin Shi Huang


Dans la foulée nous allons voir la fameuse armée en terre cuite à quelques kilomètres de la ville. Nous prenons un bus qui nous dépose à l’entrée du site après une heure de route. Une fois nos tickets achetés nous commençons la visite du mausolée de l’empereur Qin Shi Huang, composé de plusieurs fosses et d’une salle d’exposition. Le site s’étend sur environ 56 km². Il y a déjà beaucoup de monde

On se faufile tant bien que mal dans la première fosse, la plus grande des trois, qui abrite plus de 6000 soldats et chevaux en terre cuite. Pas évident d’avoir une bonne vue d’ensemble avec le monde qu’il y a. On est tout de même impressionnés par les détails des statues et surtout par le fait qu’elles soient toutes différentes. Nous continuons en passant par les fosses 2 et 3, plus petites donc moins spectaculaires, avec encore une fois un grand nombre de soldats et chevaux préservés.

Nous n’allons pas jusqu’à la tombe qui se trouve à un peu plus d’un kilomètre des fosses. Apparement elle est enfouie sous une pyramide de terre. Pas sûrs qu’on rate grand chose...Après un bon moment sur place nous rentrons en bus dans le centre de Xi’an, un peu fatigués par la chaleur et le bruit de la foule dans les salles.

Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987, l’armée de terracotta date de 210 avant J.C. Elle a été découverte en 1974. On compte plus de 8000 statues de soldats. Il y a plusieurs hypothèses sur la raison de la conception de cette armée en terre cuite. Certains pensent que les soldats ont été crées pour protéger l’empereur dans l’au-delà, d’autres disent qu’ils étaient une alternative aux sacrifices humains devenus interdits sous le règne de l’empereur Qin.

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Le lendemain matin nous prenons un autre train, pour continuer vers l’avant dernière étape de notre itinéraire à travers le pays. En route pour la ville de Pingyao, dans la province voisine.

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Nous arrivons à la gare de Pingyao en fin de matinée. Elle est très particulière car le bâtiment en soi n’est pas très grand mais le parvis est immense, démesuré même par rapport au volume de la gare. C’est drôle de voir une aussi grande place vide au milieu de nulle part, ça fait très “totalitaire” comme architecture/urbanisme. Nous prenons un bus pour rejoindre la vieille ville. Encore une fois c’est tout un sketch d’essayer de communiquer avec les chauffeurs de bus pour savoir par où ils passent. Comme pour Xi’an, nous ne restons qu’une nuit sur place. Pas le temps de lambiner, on dépose rapidement les sacs à l’hôtel pour sortir nous balader malgré la chaleur écrasante.

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Dans les ruelles de la vieille ville 


Nous découvrons les jolies ruelles piétonnes de cette ancienne ville fortifiée, elle aussi classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les rues sont bordées de petits bâtiments traditionnels en pierre et en bois. La ville n’est pas très grande donc on fait vite le tour.

Comme à Fenghuang on sent que le tourisme à transformé la ville en faisant apparaître certains types de commerces qui entravent l’authenticité des lieux. Par exemple on n’a pas bien compris pourquoi ils ont été mettre une attraction de simulation de vol dans une des rues principales. Ça crée un gros décalage par rapport à l’aspect historique de la ville. Malgré ça la ville reste très jolie. Nous terminons la balade en longeant les remparts jusqu’à la belle entrée sud.

Le soir la ville prend un autre aspect avec tout les stands de street food installés un peu partout. Les nombreux petits lampions rouges sur les façades lui donnent beaucoup de charme.

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Le lendemain matin nous partons de bonne heure pour retourner à la gare prendre notre dernier train. En Chine les entrées des gares et des stations de métro sont controlées avec des scans, comme dans les aéroports, pour vérifier les contenus des sacs. Avec tout les trains que nous avons pris à travers le pays jusque là il n’y avait jamais eu de souci. Mais aujourd’hui, pour le dernier trajet, ça coince. Les contrôleurs confisquent le couteau de poche de Seb, un joli couteau camarguais que son parrain lui avait offert et auquel il tenait beaucoup. Sur cette note contrariante, nous montons dans le train pour quelques heures en direction de Pékin.

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Nous arrivons dans la capitale en milieu de journée, un peu KO avec les dernières étapes durant lesquelles nous avons pas mal couru. Il nous reste quatre jours sur place avant de quitter le pays. Niveau organisation deux choix s’offrent à nous : rester sur Pékin pour visiter la ville ou s’éloigner un peu pour aller voir des parties authentiques de la Grande Muraille de Chine. On pèse le pour et le contre, c’est sûr qu’à Pékin il y a mille choses à voir mais on commence à en avoir un peu marre de se retrouver dans des marées humaines à chaque site touristique. Il parait que pour visiter la Cité Interdite il faut y aller très tôt car les billets sont tous vendus avant 9h-10h du matin et que une fois dedans c’est difficile d’apprécier la visite à cause du trop grand nombre de visiteurs. Pour aller sur des parties authentiques de la Grande Muraille il faut aller dormir sur place donc c’est soit l’un soit l’autre. On suit notre envie de grands espaces et on opte donc pour la muraille. On passe le lendemain à l’hôtel pour choisir sur quelle portion on veut aller et récupérer un peu, surtout moi qui me retrouve avec une bonne angine...

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Escapade à Gubeikou


Le matin suivant nous prenons deux bus en direction du village de Gubeikou, à 100 kilomètres au nord-est de Pékin, où plusieurs portions non rénovées de la Grande Muraille sont accessibles. Seulement dans le deuxième bus on a droit à un petit accident. Pour résumer la situation : sur la route mouillée, un petit camion double dans un virage et nous arrive droit dessus, pour l’éviter le chauffeur de bus n’a pas d’autre choix que de sortir de la route. Résultat on se retrouve dans les buissons, rien de bien méchant mais on se retrouve largués tout les deux au bord de la route. Personne n’a envie de nous aider, on se fait même refouler du bus qui vient récupérer tout les autres passagers... Après une bonne heure à attendre, le chauffeur de notre bus a pitié de nous et nous emmène en voiture récupérer un autre bus qui nous amènera à destination.

Nous finissons pas rejoindre notre petit hôtel très joliment aménagé, juste à temps pour aller voir le coucher du soleil. Suivant les conseils du gérant nous grimpons sur la colline en face de l’hôtel sur laquelle il y a quelques ruines de la muraille. Nous avons un très beau point de vue sur la ligne continue de la muraille qui s’étend au loin dans les montagnes. On se dit que ça valait bien le coup de faire le trajet pour arriver à voir ce paysage unique. Après un bon dîner “familial” préparé par le gérant pour tout les clients de l’hôtel, nous allons au lit sans tarder car demain on se lève tôt.


Le réveil sonne à 6h. Visiblement j’ai contaminé mon Seb, du coup ni lui ni moi ne sommes au top de la forme, mais pas question de renoncer! Nous commençons notre randonnée avec plusieurs marches. Il fait encore frais et un épais brouillard couvre le paysage. Nous partons coté ouest, sur la zone de Panlongshan.

Après une petite heure de marche le brouillard a laissé place à un grand ciel bleu, faisant augmenter considérablement la température. Nous avons une belle vue dégagée sur la muraille qui file à perte de vue. Certaines parties sont encore bien préservées et d’autres ne sont plus que des ruines sur lesquelles la végétation a repris le dessus. C’est vraiment magnifique, on ne regrette pas d’être venus jusqu’ici!

On se régale, en plus la ballade est assez tranquille. Le fait d’être tout seuls à marcher nous permet de profiter pleinement de la beauté du site. Nous suivons la muraille qui monte et qui descend le long des crêtes. Elle est ponctuée par plusieurs tours de guet, les deux mieux préservées étant la General Tower et la 24-Eye Tower. Au bout de 5 heures de marche nous arrivons à l’entrée de la zone militaire qui marque la fin de la randonnée. Nous rentrons à l’hôtel en longeant des jolis champs de fleurs, ravis de cette belle balade.

Après avoir pris un petit déjeuner (très tardif) nous rentrons à Pékin. Même principe qu’à l’aller, nous enchaînons les deux bus, sans accidents cette fois ci!

Aujourd’hui, la portion de la Grande Muraille à Gubeikou s’étend sur plus de 40 kilomètres. La première section de la muraille a été construite sous la dynastie des Qi du Nord au VIème siècle. Elle a été prolongée et agrémentée de tours et de portes 800 ans plus tard, sous la dynastie Ming. Après 1567 aucune reconstruction ou rénovation n’a eu lieu sur cette portion de la Grande Muraille de Chine.

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Le dernier jour nous préparons la suite du voyage. À la base nous avions prévu de continuer notre itinéraire en allant au Vietnam mais nous avons mal calculé le délai d’obtention du visa. Sans visa on à droit à 15 jours sur place mais on estime que c’est trop court par rapport à ce qu’on veut faire. Comme nous avons déjà nos billets d’avion nous décidons de n’y faire qu’une courte escale et d’aller visiter le Cambodge d’abord pour ensuite revenir au Vietnam avec un visa de 30 jours. La nuit du lundi 21 août nous prenons notre vol en direction de Ho Chi Minh.